Tuesday, August 22, 2006

Schizophrénie a la gare de Narbonne


J'ai faim. Assis sur un banc a Narbonne, j'attends le train. Ma vie ronronne comme un moteur bien huilé. Chaussettes oranges et t-shirt blanc; au rang des miseres, j'ai le droit de me taire. A tout compter, ma vie est bonne.

Mais je me plains d'avoir trop de choix, grandes ambitions. Acteur, musicien, des idées qui bourdonnent, mais en meme temps je bougonne, j'arrete jamais de foutre le camp. L'air de rien, cinq pays en cinq ans, il est temps de choisir entre les endroits que je tatonne.

Déconne pas, Dave. Regarde un peu les gens autour de toi. Si tout le monde bougeait dés qu'il avait fini son pain blanc, les trains et les bancs seraient bondés et y'aurait pas un gland pour poinconner les billets. Plus personne!

Une jeune femme souriante bourdonne devant les WC de la gare, rayonnante. En fin de journée elle compte son accompte cinglant, clinquant les 10, 20, 50 centimes. Vie intime avec ses deux mouflards, hagarde, elle s'étreint de gagner sa vie, hardie, en tant que bonne.

Laver les pissoirs, c'est pas rigolo; se frotter les paluches pour décalquer la senteur d'urine. Ben si elle décampait mine d'hermine hermite a chaque pépin, ben mine de rien son bambin ne pourrait champignonner qu'au déclin de la déconne.

Champion de foot ou nonne, c'est en faisant le ménage qu'on devient sain; dame pipi psychologique il est temps d'écrire tes tryptiques elliptiques pour frotter a la brique de savon de marseille ce subconscient qui se pique de tripes filmiques d'artiste en éveil.

Ecrire sur un banc en vulgaire t-shirt blanc et chaussettes oranges de prof de lycée; vis un peu ton présent dans un apartement allemand avant d'aller chasser des chateaux en Espagne. Bateau ivre, livre-toi aux livres pour grimper au vermeil avant de chercher l'or, ma mignonne.

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